mardi 20 décembre 2016

BAC BLANC N°1. CORRECTION DE LA PARTIE 2 NON SPE SVT

C'est Darwin qui le premier a proposé l'existence d'une relation de parenté forte entre le Chimpanzé et l'Homme à la fin du XIXème siècle. Relation de parenté ne signifie pas appartenir au même genre. Ce pas a été franchi en 2003 par Goodman et al. Nous allons essayer d'analyser les arguments proposés puis de confronter ces arguments à d'autres afin de valider au non cette proposition.

Les arguments de Goodman et al. sont essentiellement fondés sur des analyses de séquences moléculaires. L'étude des séquences protéiques de la cytochrome oxydase (doc. 1) et de l'opsine bleu (doc. 2) semblent donner raison à cette proposition. En effet d'une part, les séquences protéiques de la COX2 sont très proches chez le deux espèces et, d'autre part, il n'y a aucune différence entre les séquence protéiques de l'opsine bleue chez l'Homme et le Chimpanzé.
Cependant, l'étude des séquences nucléotidiques du gène COI (doc. 3) ne montre pas des similitudes aussi importantes. On constate même que la séquence nucléotidique du gène chez le Chimpanzé est plus proche de celle du Gorille (64 différences) que de celles de l'Homme (65 différences). 
On peut ajouter à cela que l'étude du gène FOXP2 a permis de montrer que l'acquisition du langage articulé chez l'Homme, était le résultat de mutations de ce gène depuis la séparation des deux lignées, estimée à environ 9 millions d'années.
On peut donc constater que le démonstration de Goodman et al. n'est vraiment convaincante que si on choisit certaines séquences. En outre, du fait de la redondance du code génétique, l'étude des séquences protéiques peut masquer certaines mutations silencieuses qui augmentent la dissimilarité des deux espèces.

L'étude de données morpho-anatomiques peut, peut-être, compléter et amender les résultats de l''étude de Goodman et al.
La comparaison du pied du Chimpanzé et d'Homo habilis (doc. 4a) est à cet égard, particulièrement éclairante. On constate que chez le Chimpanzé, le gros orteil est opposable aux autres doigts du pied, alors que chez Homo habilis, l'Hallux n'est pas opposable. Cette particularité est, sans doute, liée au mode de vie : arboricole chez le Chimpanzé et terrestre chez Homo habilis. Il n'en demeure pas moins que cette particularité sépare nettement le genre Homo des autres Hominidés.
Liée à cette adaptation à la vie terrestre, la position du trou occipital chez les deux espèces est radicalement différente (doc. 4b) : centrale chez Homo habilis ce qui traduit une posture essentiellement bipède, postérieure chez le Chimpanzé ce qui traduit une posture principalement quadrupède.  
Le développement cérébrale est un autre argument militant pour une séparation nette entre le genre Homo et les autres Hominidés. D'un volume de 350 cm3 environ, chez le Chimpanzé, on passe à 700 environ chez Homo habilis, avec un angle facial nettement plus ouvert, puis à 1450 chez Homo sapiens.

Les arguments comportementaux apportent d'autres informations. Si le Chimpanzé est capable d'utilisation d'outils, il est incapable, à la différence du genre Homo, de tailler des outils sophistiqués en pierre. En outre, si la communication, vecteur de vie sociale, est très importante chez les grands singes, elle ne peut se faire au travers d'un langage articulé, caractéristique du genre Homo.

En conclusion, on peut penser que l'étude seule des séquences moléculaires ne permet pas de définir un genre ou une espèce. Il faut tenir compte de tous les paramètres. En l'occurrence, il semble que réunir l'Homme et le Chimpanzé dans un même genre Homo, soit difficilement défendable.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire